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Pour un usage modéré de l’IA : quelques conseils pratiques

Lors de notre soirée débat du 5 novembre 2025, l’Atelier Informatique Alternative de SET a pu voir que les avis sur l’intelligence artificielle étaient très partagés. On peut constater le côté pratique (pour résumer un texte ou un sujet par exemple) ou le côté amusant (transformer une vieille photo en un petit film…) de cette technologie.
Cependant, on peut y opposer beaucoup de biais liés à son manque de cadrage actuel. L’objectif des entreprises qui éditent ces robots étant d’obtenir un maximum de parts de marché, la régulation en est limitée et les dérives sont importantes, ces derniers mois continuent de nous le prouver.

1. L’IA et l’écologie

L’IA consomme beaucoup d’énergie, crée du CO² et consomme de l’eau. Par exemple, saviez-vous que générer une image ou une vidéo pour s’amuser, revient en termes de dépense d’énergie, à charger à moitié ou entièrement un smartphone ?
De même, une seule requête dans un modèle de grande taille (type ChatGPT-4) consomme 4 à 5 fois plus d’énergie qu’une recherche Google.
Le cabinet Deloitte estime que d’ici à 2050 la quantité d’énergie nécessaire à l’IA aura au moins doublé.

Nos conseils : 
• Utiliser l’IA avec modération, toujours questionner la pertinence et l’impact écologique de notre usage. 
• Respecter la règle des 30% (pas plus de 30% d’IA dans un travail). 

2. Les biais cognitifs induits par l’IA

L’IA vise à créer des biais d’anthropomorphisme. Des études ont montré que si vous parlez comme à un ami à ses algorithmes, vous lui confierez plus de choses, même intimes. Se faisant, l’IA apprend par votre biais, il ne faut pas oublier que c’est son objectif.
De plus, il a été prouvé que les IA ont tendance à survaloriser vos demandes. Une étude a montré qu’une IA va approuver 50% de plus de vos déclarations par rapport à un humain. Cela peut brouiller notre jugement et notre esprit critique, tout en entretenant un biais psychologique en votre défaveur. En clair, l’IA flatte son interlocuteur.

Nos conseils : 
• Ne pas parler à l’IA comme s’il s’agissait d’un humain : il s’agit d’algorithmes, de programmes. 
• Utiliser la «méthode CRAFT» pour interroger l’IA en cadrant les choses et améliorer les réponses que vous pourriez en obtenir : https://science-ouverte.inrae.fr/sites/default/files/2026-06/FICHE%20IA_Notice3_2605.pdf

3. La fiabilité de l’IA

Il faut toujours vérifier l’exactitude et la pertinence des résultats obtenus. En effet, elles hallucinent parfois (communiquent des informations fausses) et se basent aussi sur des sources orientées politiquement, par exemple.
De plus, on le voit avec les « Deep Fakes » créés par IA, on peut créer des images et des vidéos très réalistes, mais totalement fausses, qui pourraient nous induire en erreur.
Rappelez-vous que l’IA est un outil d’aide à la décision, pas un substitut à votre jugement personnel.

Nos conseils : 
• Toujours croiser les informations fournies par l’IA.
• Soyez critiques envers les résultats obtenus avant de les partager.
• Ne pas prendre de décision fondée uniquement sur le résultat généré par une IA.

4. La sécurité et l’IA

D’une manière générale, il est fortement déconseillé de divulguer des informations sensibles (à caractère personnel notamment) en particulier à des IA situées dans des états/gérés par des entreprises ne proposant pas le même niveau de sécurité.
En effet les IA stockent vos données pour apprendre. Êtes-vous informé de cette collecte des données sur les utilisateurs ?
Plusieurs études et événements récents ont montré des risques de fuites des informations collectées par les IA. Ces informations peuvent aussi être utilisées par des malfaiteurs pour mettre en place des arnaques. Mais il ne faut pas négliger que ces mêmes malfaiteurs utilisent déjà l’IA, pour améliorer et élargir leurs techniques d’arnaques. Ils l’utilisent même pour créer des programmes malveillants. 

Un autre problème existe sur les contenus eux même. Les IA, collectant largement des informations et recréant de nouveaux contenus, des problèmes de droits d’auteurs ont été révélés. Il existe par exemple sur le Web, des livres qui n’ont jamais existé, juste créés par l’IA à la suite d’une demande d’un utilisateur, qui pense tomber sur un livre existant. On note d’ailleurs souvent le peu d’intérêt de ces créations.

Enfin, un souci majeur s’est fait jour du fait d’incidents regrettables qui se sont produits par la faute révélée de l’IA. Notamment des suicides d’adolescents qui prenaient un peu trop l’IA pour un « ami » et amenés à commettre un acte catastrophique du fait des biais qu’on a vu ci-dessus. 

Nos conseils : 
• Choisir une IA « made in Europe » : éviter Chat GPT, Alpha Fold et Deep Seek ; préférer Mistral, DEEPL, Dust, Waia, par exemple. Ou d’autres qui protègent votre anonymat comme Duck AI.
• Ne pas divulguer d’informations sensibles et personnelles sur soi et les autres ; anonymiser les requêtes dans la mesure du possible.
• Mentionner le recours à l’IA dans vos créations ;  demander à l’IA et conserver les sources pour assurer une bonne traçabilité.
• Limiter l’utilisation de l’IA par des groupes vulnérables.

On le voit donc, l’IA peut être utile mais le manque de cadrage et la tendance à glisser vers une perte de sa maîtrise doit nous freiner dans ses usages. Il nous faut donc rester très vigilants dans notre utilisation.

Photo : détail de l’affiche de l'exposition « Chacun cherche son chat », péniche Fluctuart, du 7 mai au 23 août 2026 à Paris (artiste : Kesadi)